"LA CULTURE EN PARTAGE" avec
Frédéric MORIN architecte-conférencier

Archéologie, Histoires d'Architectures

L'histoire de la Verrerie d'Art dans la Drôme au XXe s.
Dieulefit - Allex - Montoison - Saillans

Voici le diaporama proposé par Frédéric Morin, architecte-conférencier, sur l'histoire de la Verrerie d'Art dans la Drôme (Dieulefit - Allex - Montoison - Saillans), dessinant l'évolution des matériels, des techniques (soufflage et sculpture) et des créations esthétiques de 1970 à 2013 :

conférence 2025 histoire de la verrerie artistique dans la Drôme 1970-2013

L'histoire de la Verrerie Le Pontil de Claude et Florence Morin
à Dieulefit dans la Drôme créée en 1970 :


Une première publication de 1973 présente la Verrerie Le Pontil à Dieulefit sous le titre :
« SOUFFLER LE VERRE à DIEULEFIT » à l'adresse :
brochure Souffler le verre à Dieulefit de 1973 - photos Claude HUBER
http://frederic-morin-salome.fr/verrerie-pontil-morin-1973.html

illustrée de photos de Claude Huber.

Petit rappel éventuellement utile : la composition du verre permet de fondre la silice grâce à l'ajout de fondants = de la potasse ou de la soude, voire du plomb pour le cristal


Claude Morin (1932-2021, voir par exemple https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Morin_(verrier) ) et sa femme Florence née Seydoux (1934) ont créé la Verrerie Le Pontil à Dieulefit durant le printemps 1970. Ils ont choisi un ancien moulin et bâtiment de triage des laines de la société MORIN et Cie, occupé par cette famille depuis leur arrivée depuis Vesc en 1609. Le bâtiment avait été inondé en septembre 1960, il le fut encore deux fois en septembre 1993 par le Jabron qui coule au pied du bâtiment et qui a noyé les fours sous 1,20m d'eau :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) le bâtiment de l'ancienne manufacture textile familiale a été transformé en 1970

Claude et Florence Morin avaient associé à leur aventure le jeune Frank Girard (né en 1947, voir par exemple https://frank-girard.fr/ ), petit-fils du photographe du village, et qui deviendra un sculpteur reconnu. Aucun d'entre-eux n'avaient jamais suivi le moindre apprentissage pour souffler le verre, aussi leurs premières pièces furent pleines de tatonnements et d'expérimentations qui témoignent néanmoins d'une réelle habileté manuelle, outre la formation d'ingénieur textile de Claude qui lui permettait aussi de maîtriser la chimie de la composition et des couleurs. Ils avaient aussi 38 et 23 ans, et non pas 14 ans comme les jeunes apprentis... traditionnellement appelés "gamins" !
Voici quelques pièces des deux premiers jours, les 6 et 7 mai 1970 :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) quelques pièces des deux premiers jours, les 6 et 7 mai 1970, soufflées par Claude Morin et Frank Girard
L'atelier est inauguré le 27 mai 1970, une vingtaine de jours après ces premiers essais. Portant les trois noms, le carton d'invitation précise : "des oeuvres originales, des pièces personnelles, non des objets produits en série" :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) le carton d'invitation à l'inauguration officielle le 27 mai 1970 = Verres rustiques soufflés
Deux originalités à l'époque : primo, chacun des verriers conduit sa pièce personnelle en bénéficiant du concours de l'autre pour la reprise au pontil, l'ajout d'une anse ou autre filet décoratif. Chacun est tour-à-tour maître et gamin.
Secondo les couleurs des compositions sont rajoutées les unes sur les autres, ce qui produit nécessairement des ramages lorsque la canne de cueillage approche le fond du four et attrape la couleur précédente. De temps en temps, il faut vider le four à la louche pour évacuer le vieux verre...

Voici le cahier des compositions à la page de la 7ème fusion le 30 mai 1970, au lendemain de l'inauguration. L'essentiel est apporté par du verre à vitre : des chutes de découpe d'une seule qualité de verre, fournies par un seul miroitier, les établissements Calvier que Claude connaissait depuis longtemps. Il faut être très habile pour souffler du verre industriel, car celui-ci est formulé pour passer le plus rapidement possible de l'état trop liquide à l'état trop solide : son palier de travail est très court.
Le comportement au soufflage du verre est amélioré par l'adjonction de feldspath, de carbonates de soude, de barium, de potasse, puis du borax et coloré par du manganèse (MnO2) à raison de 3kg pour 150kg de verre (c'est beaucoup).
De ce fait, le verre est décrit comme violet-noir très agréable à travailler, car il reprend très vite de la maléabilité au réchauffage en raison de sa couleur sombre qui répartit la chaleur comme le refroidissement et facilite le soufflage de formes plus harmonieuses :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) la page du 30 mai 1970  du cahier des compositions = la 7ème fusion

Voici le premier four de fusion construit par les établissements Ricard = un petit morceau d'un four-canal habituellement destiné à fabriquer du verre à vitre. Sa matière est de la silimanite = de la silice (comme le verre) mais rendue réfractaire par l'ajout d'alumine (oxyde d'aluminium = Al2O3) qui fond à 2.700°C. Ce four-bassin offre la section d'un "U" (en bas à gauche de la photo) dont les extrémités sont obturées par deux plaques verticales. En bas à droite on voit l'usure de cette silimanite sous l'effet des fondants ajoutés dans la composition du verre (soude, potasse...).
Au milieu de la photo, on voit l'approche de la dalle de couverture qui va reposer sur les blocs-brûleurs à gaz, quatre de chaque côté. La structure extérieure de métal doit être solide tour résister à la dilatation de ces importantes masses, qui fendent très rapidement car elles sont plus chaudes à l'intérieur qu'à l'extérieur. Ceci met l'extérieur en tension avec un matériau qui ne supporte pas ces efforts. Pas question d'éteindre le four avant que ses fuites soient trop importantes, au bout de 4 ans si tout se passe bien...
En haut à droite, Claude Morin est en train de cueillir du verre au bout de la canne de soufflage. Comme il n'était pas verrier et n'avait donc pas l'habitude de se brûler depuis l'enfance, il a inventé une protection efficace contre le rayonnement, avec un rideau d'eau ruisselant sur un grillage, avant de mettre au point une porte légère motoriséé, en fibres céramiques isolantes :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) le premier four de fusion de plan carré, 8 brûleurs à gaz à air induit

Voici Claude Morin en train de préparer la composition avec l'aide de Nicolas (donc après 1973) : il faut peser soigneusement les différents composants pour les mélanger efficacement dans une bétonnière dans laquelle est indroduite une boule de pétanque qui brisera les éventuelles agglomérations :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) préparation de la composition du verre, pesage et mélange dans une bétonnière
La bétonnière est vidée dans une brouette à fond plat, qui permet de charger la pelle d'enfournement qui est vidée (rapidement) dans le four de fusion porté à 1350°C minimum pendant une paire d'heures minimum :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) enfournement de la composition dans le four de fusion porté à 1350°C minimum
Un peu comme la confiture, un peu d'écume se forme à la surface du bain de verre : il faut laisser refroidir un peu (trop ?) et remonter la température, et le verre est ainsi prêt à souffler.

Voici la carte de visite de la Verrerie Le Pontil : pas besoin d'indiquer ne serait-ce que l'adresse à cette époque !
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) la carte de visite de l'atelier entre 1970 et 1980
En janvier 1971, voici la première participation au Salon des Métiers d'Art de Paris, au Parc des Expositions de la Porte de Versailles. La feuille des tarifs est destinée aux revendeurs (donc les prix sont HT) et elle précise : "IMPORTANT : nos méthodes de travail, très artisanales, ne nous permetent pas de reproduire, donc de réassortir les couleurs.".
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) la feuille des tarifs de son premier Salon des Métiers d'Art en janvier 1971
Vers 1970, voici Claude Morin centrant la paraison de verre au bout de la canne avec la mailloche, un bloc de bois maintenu humide aménagé d'un creux en forme de demie poire. Plus tard, cette opération pourra être réalisés avec un journal entier plié et imbibé d'eau. La bardelle du banc de soufflage n'est pas encore déportée : elle le sera rapidement pour limiter les contorsions en glissant la jambe sous le verre, un peu comme les verriers orientaux dont la bardelle consiste en une pince disposée à plat sur la cuisse droite (voir page précédente) :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) Claude Morin maillochant sa paraison pour la centrer sur la canne de soufflage
Voici l'organisation générale de l'atelier vers 1976 : Claude vient de cueillir et refroidit à l'air comprimé sa première bulle après l'avoir centrée sur le marbre, et Nicolas attend sur le banc N°2 de parachèvement du col après reprise au pontil.
Le verre est cueilli en plusieurs fois dans le four de fusion (1150°C) au fond, pour être soufflé au banc N°1 à gauche et réchauffé au four (1400°C) à droite qui contient le pontil-métal en attente. Après reprise au pontil, le col est réchauffé façonné sur le banc N°2 puis portée dans l'arche à recuire (550°C) en bas à droite. La dernière pièce de l'après-midi y sera maintenue au moins 2 heures avant que le refroidissement contrôlé ne soit lancé. Dès qu'il a donné le pontil, le second peut commencer sa pièce :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) organisation générale des fours et de l'atelier de soufflage vers 1976 (deuxième four de fusion) toujours à rideau d'eau
Au cours du soufflage, il faut souffler en l'air pour augmenter le diamètre de la pièce là où son réchauffage permet son développement. Le four de réchauffage, appelé "Glory-Hole" = "trou de la Gloire", est équipé de différentes lunes de diamètre croissant permettant de réchauffer les pièces de plus en plus grosses sans trop faire baisser sa température, autour de 1400°C (d'où sa blancheur apparente) :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) organisation générale des fours et de l'atelier de soufflage vers 1973 (premier four de fusion à rideau d'eau) avec en haut à droite le prototype du creuset hémisphérique qui sera tiré en silimanite par les Ets Provins-Réfractaires
Après le départ de Frank Girard au début de l'année 1973, Florence apporte le pontil qui va être collé par Claude au centre du cul de la pièce pour pouvoir casser le col en vue de son façonnage (= parachèvement) après l'avoir réchauffé :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) organisation générale du soufflage vers 1973 Florence va reprendre la pièce de Claude avec le Pontil, il va ensuite parachever sa pièce avant de la porter, finie, dans l'arche où un coup sec permettra de la détacher du pontil
Claude Morin et Frank Girard au travail avant 1073 : Frank démarre le pontil-verre sur le banc de parachèvement pendant que Claude souffle sa pièce. Lorsqu'il aura donnée le pontil à Claude, Frank démarrera sa propre pièce :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) organisation du soufflage avant 1973 : Frank prépare le pontil nécessaire à terminer la pièce de Claude, puis commencera la sienne
En 1970, Frank Girard tranche le col de sa pièce avec les fers, graissés de cire d'abeille. Le premier four de fusion n'est pas encore équipé des rideaux à eau, et le "fout-zy-tout" (= l'atelier de mécanique avec son tour, etc.) à l'arrière-plan n'est pas encore dissimulé par un rideau jaune qui apparaît sur la photo précédente :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) en 1970, Frank Girard tranche le col de sa pièce avec les fers avant que le pontil ne soit collé et qu'une goutte d'eau ne permette de la séparer de la canne de soufflage
En 1970, Frank Girard souffle en l'air après avoir préparé le col de sa pièce pour la développer en diamètre et réaliser finalement une coupe en tournant très rapidement au pontil pour ouvrir le col bien réchauffé. A droite de la photo, on voit l'une des deux arches à recuire (550°C) et les différentes portes permettant d'y déposer les pièces en fonction de leur grosseur :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) en 1970, Frank Girard souffle en l'air pour élargir sa pièce, qui deviendra une coupe
En 1970, Frank Girard réchauffe le col de sa pièce reprise au pontil dans le Glory-Hole pour la développer en diamètre et réaliser une coupe en tournant très rapidement sur le banc de parachèvement (plus tard équipé de roulements à billes) pour ouvrir le col bien réchauffé. L'arche à recuire (550°C) est chauffée au gaz par 6 brûleurs dont la chaleur est répartie par l'hélice d'un ventilateur intérieur. Il faut une paire d'heures pour la monter à 550°C, une régulation coupe et rallume les brûleurs pour maintenir cette température de consigne. Puis 2 heures après l'enfournement de la dernière pièce le gaz est coupé mais surtout pas le brasseur d'air pour refroidir "naturellement" pendant la nuit, et l'ensemble n'est plus qu'à 80°c le lendemain matin vers 6 heures, ce qui permet d'en extraire les pièces par les différentes portes en fonction de leur grosseur :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) en 1970, Frank Girard réchauffe le col de sa pièce, qui deviendra une coupe
Sous l'oeil de Bert Van Loo, l'un des dix étudiants hollandais de la Rietvelt Académie d'Amsterdam en stage à Dieulefit sous la conduite de Sybren Valkema à Pâques 1973, Frank Girard balance une grande bouteille qui aura du mal à rentrer dans l'arche à gauche de la photo :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) à Pâques 1973, Frank Girard balance une grande bouteille pour l'allonger avant d'applatir son cul
A gauche, Frank Girard colle le pontil-verre préparé par Claude Morin au bout d'un ferret (photo 1970). Ce procédé est resté en usage jusqu'en 1973-1974 période à laquelle l'atelier adopte le pontil-métal mis au point par Eloi Monod à sa Verrerie de Biot : il est confectionné avec une fonte qui a les mêmes dilatations que le verre entre 1200 et 400°C :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) pontil-verre de 1970 à 1973, puis pontil-métal mis au point par Eloi Monod à partir de 1974
Les traces laissées par le pontil-verre au cul d'une pièce dieulefitoise : malgré un façonnage en couronne et différentes astuces dont l'impression du verre sur un grillage et son trempage dans un pot de poussière, l'adhérence peut s'avérer très forte :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) les traces laissées par un pontil-verre, en usage de 1970 à 1973
Le pontil-métal mis au point par Eloi Monod à sa Verrerie de Biot : à droite un exemplaire brut avant usage, destiné à être soudé sur un ferret plein, à gauche un élément identique mais après un long usage. Il a été dentelé pour limiter les surfaces de contact avec la pièce soufflée, car sa fonte s'est imprégnée de verre et ça colle très bien :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) le pontil-métal mis au point par Eloi Monod - à droite un exemplaire brut avant usage, à gauche un exemplaire très usagé et mis au rebut
Entre Pâques et l'été 1973, après le départ de Frank Girard, Florence Morin l'a remplacé pour assister Claude qui restait le seul souffleur, en lui donnant le pontil et en lui servant les anses en plus de tenir la boutique :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) Florence Morin a assisté Claude en lui servant le pontil et les anses des pichets, tout en continuant à s'occuper de la boutique et des expéditions
Puis ce sont leurs trois garçons qui ont pris le relais pendant l'été : Vincent en premier qui avait tout juste 10 ans, puis Frédéric (né en 1958) et Nicolas (né en 1959) dès qu'ils ont été libérés de leurs obligations scolaires.

Comme ni Claude ni Frank ne savaient souffler le verre en ayant suivi un apprentissage, ils n'étaient pas habitués aux formules du genre "ça s'est toujours fait comme ça et y'a rien à changer" à propos de la chaleur et des brûlures.
Au milieu ci-dessous, Claude cueille le verre à 1185°C dans le four de fusion, dont la porte est dissimulée par deux rideaux d'eau coulissants sur roulettes, au-dessus d'une goutière qui récupère l'eau quelle que soit la position des rideaux. Ainsi l'énergie du four ne réchauffe pas l'atelier lorsque l'on ne cueille pas.
Ce n'est visiblement pas le cas à gauche ci-dessous à la Verrerie de Saint-Just (42) : dans le dos des souffleurs, la porte du four réchauffe bien l'atelier (cela est plus facile à supporter en hiver dans la Loire).
La manière traditionnelle de refroidir les cannes après avoir cueilli le verre est également d'une efficacité aléatoire. A droite ci-dessous, le dispositif de trempage de la canne dans l'eau d'une vasque en bois aménagée de deux encoches par Claude est beaucoup plus fiable, le souffleur disposant par ailleurs d'un linge à la ceinture pour sécher rapidement la canne. Une électrovanne récupérée sur un lave-linge stoppe l'écoulement de l'eau réglée par le robinet, grâce à une pédale électromécanique rapidement ajoutée au modèle métallique en bas à droite :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) quelques innovations de Claude Morin pour refroidir les cannes et limiter le rayonnement par la porte du four de fusion
La paraison est centrée sur la canne de soufflage avec une mailloche, qui aide à dégager le verre du mors de la canne pour disposer du maximum de matière pour souffler la pièce :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) Claude centre la paraison de verre sur la canne avec la mailloche - photo Claude Huber
Après avoir centré, il vaut mieux souffler vers le bas pour continuer à éloigner le verre de la canne, tout en contrôlant cet éloignement qui peut s'avérer acrobatique voir périlleux :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) Claude souffle vers le bas - photo Claude Huber
Après avoir marqué son emplacement au fer, il faut trancher le col à la bardelle pour bien marquer l'endroit où le verre va casser lors de la reprise au pontil :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) tranchage du col à la bardelle - photo Claude Huber
Au centre du cul de sa pièce Claude plaque le pontil-métal apporté chaud par Florence :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) au centre du cul de sa pièce Claude plaque le pontil-métal apporté chaud par Florence - photo Claude Huber
Réchauffage du col de la pièce reprise au pontil-métal :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) réchauffage du col de la pièce reprise au pontil-métal - photo Claude Huber
Voici Claude reprenant seul au pontil une grande bouteille folle déposée dans un panier au fin grillage en cassant son col :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) Claude reprend seul au pontil une grande bouteille folle déposée dans un panier au fin grillage

Voici quelques pièces de verre colorées dans la masse mais certainement pas monochromes : la superposition des nouvelles couleurs sur les précédentes produit ces ramages colorés qui sont l'une des signatures de la Verrerie Le Pontil jusqu'au début des années 1980 :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) la superposition des nouvelles couleurs sur les précédentes produit ces ramages colorés - photo Claude Huber
A côté d'une recherche constante de formes très soignées, les "Bouteilles folles", de celles qui sont juste un peu excessives, sont également caractéristiques :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) la variation d'épaisseur du verre de ces bouteilles folles montre la richesse chromatique du verre composé par Claude Morin - photo Claude Huber
Un très beau pied-de-lampe de couleur améthyste, dont la belle taille indique qu'il a été soufflé en fin de matinée pour que ses épaisseurs soient longuement recuites :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) la variation d'épaisseur montre la richesse chromatique du verre composé par Claude Morin
Claude Morin est le premier à être parvenu à formuler du rouge "sang-de-boeuf" avec de l'oxyde de cuivre CuO en atmosphère réductrice durant le réchauffage au Glory-Hole :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) le fameux rouge au cuivre composé par Claude Morin
La galerie d'exposition en 1976 :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) en 1976, quelques pièces dans la galerie d'exposition agrémentées par les bouquets Ikebana composés par Florence
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) en 1976, quelques pièces dans la galerie d'exposition agrémentées par les abats-jours en soie peinte par Claude Foënet
On voit bien qu'il s'agit de pièces uniques à défaut que chacune puisse revendiquer le statut d'oeuvre d'art originale :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) assortiment de pièces de Claude Morin - photo Galerie Meubles-et-Lumières
Très rapidement les relations avec les revendeurs et galeristes ont été simplifiées, par exemple à l'occasion des Salons des Métiers d'Art à Paris organisés par la Société des Artisans d'Art de France (= SAAF) en janvier et en septembre. Il n'était plus question pour eux de commander telle ou telle forme mais simplement un (ou plusieurs) carton(s) contenant chacun un assortiment de pièces composé (avec goût) par Florence Morin et emballé par ses soins experts, carton réglé à l'avance par le destinataire et expédié en port dû.
Ces salons professionnels étaient surtout l'occasion de montrer aux galeristes l'évolution du travail en vue de leur donner envie d'organiser une exposition de ces pièces uniques...
.
Le soufflage des "Bouteilles folles" obligeait à des contorsions aux conséquences parfois douloureuses. A contre-courant de la tradition des bancs assis à bardelles sur lesquelles on fait rouler la canne ou le pontil (ce qui déplace la pièce qu'il faut donc suivre avec l'outil), Claude Morin a pensé que des roulements à billes pourraient parfaitement faire l'affaire tout en restant debout plutôt qu'assis, ce qui permet de se déplacer aisément pour être en bonne position de travail avec le bras droit, la main gauche assurant facilement la rotation de la canne à fixe sur les roulements :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) les bancs assis de soufflage et de parachèvement à bardelles déportées ont été remplacés par des bancs debout à roulements à billes
Toutes ces innovations -et l'exemple d'une verrerie financièrement autonome- ont attiré à Dieulefit les artistes verriers de la scène internationale auxquels Claude et Florence Morin ont rendu visite : :
- en Allemagne à Erwin Eisch à Frauenau (1927-2022), voir par exemple :
https://en.wikipedia.org/wiki/Erwin_Eisch,
- en Belgique à Louis Leloup à Liège (né en 1929), voir par exemple :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Leloup,
- aux Pays-Bas à Sybren Valkema (1916-1996), voir par exemple :
https://en.wikipedia.org/wiki/Sybren_Valkema
et à son fils Durk à Amsterdam (né en 1951), voir par exemple :
https://valkema.vrijglas.nl/valkema/Integrated_Glass_Systems.html,
- au Danemark à Finn Lynggaard à Copenhague (1939-2011), voir par exemple :
https://en.wikipedia.org/wiki/Finn_Lynggaard),
- aux USA à Harvey Littleton (1922-2013), voir par exemple :
https://en.wikipedia.org/wiki/Harvey_Littleton,
à Marvin Lipofsky (1938-2016), voir par exemple :
https://en.wikipedia.org/wiki/Marvin_Lipofsky,
à Joel Philip Myers (né en 1934), voir par exemple :
https://americanart.si.edu/artist/joel-philip-myers-18610,
à Dale Chihuly (né en 1941), voir par exemple :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dale_Chihuly)...,
et au Canada à Jean Vallières (1947-2009), voir par exemple :
https://boutique.mumaq.com/en/bruleur-type-16.html).

A Dieulefit, voici à gauche Harvey Littleton et Claude Morin préparant une sculpture de Harvey en 1982, et à droite Joel Philip Myers au banc de soufflage en 1977 :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) à gauche Harvey Littleton et Claude préparant une sculpture Loop en 1982, et à droite Joel Philip Myers au banc de soufflage en 1977
Voici la suite de la préparation à gauche ci-dessus : Harvey colle sur le fond de sa paraison celle que Claude lui a préparée et que Harvey va retourner et rabattre sur sa pièce, comme une chaussette :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) Claude Morin assistant Harvey Littleton pour préparer une sculpture Loop en 1982

Voici la vitrine d'entrée de la Verrerie Le Pontil, ornée de panneaux décoratifs formant vitrail dont les parties de verre coloré ont été coulées dans des formes sur un marbre à l'occasion d'un des "Camps de Dessin" organisés à Dieulefit dans les années 1970 par la TV Suisse-Romande (TSR) pour son émission « L'oeil apprivoisé », sous la direction de Pierre Gisling dit "Kim" (1937-2017; voir par exemple https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Gisling). Réalisés et posés en 1973, ces panneaux n'ont été remplacés qu'en 1991 :
Verrerie Le Pontil - Dieulefit (26) panneaux de vitrail composés par et pour la série «L'oeil apprivoisé» de la TV Suisse-Romande en 1973

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complété et mis à jour le 6 juillet 2025
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Claude MORIN
Verrerie Le Pontil à Dieulefit par Claude Morin de 1970 à 1980
de 1970 à 1980

Verrerie d'Allex
Jean-Louis FAYARD
Verrerie d'Allex à Allex par Jean-Louis Fayard (SCOP) de 1974 à 1991
de 1974 à 1991

Claude MORIN
Verrerie Le Pontil
Verrerie Le Pontil à Dieulefit par Claude Morin de 1980 à 1995
de 1980 à 1995

Nicolas MORIN
Verrerie Le Pontil
Nicolas Morin à la Verrerie Le Pontil de Dieulefit de 1986 à 2006
de 1986 à 2006

Eric LAURENT
Verrerie de Montoison
Eric Laurent à Montoison de 1991 à 2006
de 1991 à 2006

Frédéric MORIN
Dieulefit puis Montoison
Frédéric Morin à la Verrerie Le Pontil de Dieulefit de 1991 à 1995 puis à Montoison jusqu'en 2007
de 1991 à 2007

Frédéric MORIN
pour Lucien WERCOLLIER
Frédéric Morin a produit les épreuves en verre des sculptures du luxembourgeois Lucien Wercollier de 1993 à 2001
de 1993 à 2001

Frédéric MORIN
Montoison
Frédéric Morin à Verre-en-Forme de Montoison jusqu'en 2007
de 1997 à 2007

SALOMÉ
Montoison puis Saillans
Salomé à Verre-en-Forme de Montoison de 1997 à 2007 puis Saillans jusqu'en 2013
de 1997 à 2007

Frédéric MORIN + SALOMÉ
Montoison puis Saillans
Frédéric Morin + Salomé à Verre-en-Forme de Montoison de 1997 à 2007 puis Saillans jusqu'en 2013
de 1997 à 2013

SCULPTURE de PATE DE VERRE
les sculptures de pâte-de-verre de Frédéric MORIN + SALOMÉ Frédéric MORIN et SALOMÉ
à Saillans


ATELIER PATE DE VERRE
les techniques de fabrication des sculptures de pâte-de-verre par Frédéric MORIN + SALOMÉ atelier de sculpture à Saillans
techniques de fabrication


SCULPTURES Frédéric MORIN
de 1991 à 1994, les sculptures de Frédéric Morin témoignent de sa culture d'architecte catalogue verre coulé 1994


SCULPTURES F.MORIN & SALOMÉ
de 1997 à 2001, les sculptures de Frédéric MORIN et SALOMÉ sont réalisées à basse température = 740°C avec du verre habituellement soufflé à 1.150°C catalogue pâte-de-verre 2001


Lucien WERCOLLIER (L) Sculpteur
Frédéric Morin a produit les épreuves en verre des sculptures du luxembourgeois Lucien Wercollier de 1993 à 2001
de l'albâtre au verre 1993-2001


SCULPTURES FREDERIC MORIN
& SALOMÉ
catalogues et publications


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NAISSANCE DE
L'ARCHITECTURE GOTHIQUE
EN NORMANDIE
histoire de l'architecture chrétienne en Normandie et la naissance du gothique chez les Normands - conférence de Frédéric Morin
L'audace constructive des descendants des Vikings

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ARCHITECTURE CHRETIENNE
histoire de l'architecture chrétienne le long du pelerinage de Saint-Jacques de Compostelle - conférence de Frédéric Morin
sur les chemins de St-Jacques


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ENTRE DEHORS ET DEDANS
LA CONCEPTION MUSULMANE DE L'ARCHITECTURE
  La notion musulmane de l’espace privilégie un espace intermédiaire
  entre les espaces intérieurs et extérieurs : « ENTRE DEDANS ET DEHORS ».
  L’aboutissement de l’art des architectes musulmans ne serait pas la conception des volumes, 
  mais résiderait plutôt dans la manière de ne pas fermer l’espace - conférence de Frédéric Morin
conception musulmane de l'espace

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VISITE DE SAILLANS
crest drome filature soie
histoire du vieux village


LA TOUR DE CREST
tour de crest drome
le plus haut donjon de France


GROTTE CHAUVET
ardeche grotte chauvet caverne pont arc
Gorges de l'Ardèche



Belles Lettres drômoises
au château de GRIGNAN




METIERS D'ART
POTERIE à DIEULEFIT

Histoire des POTIERS à DIEULEFIT
Potiers romains à Etienne NOEL


POTERIE TRADITIONNELLE
Enquête patrimoine potier à Dieulefit





ARCHEOLOGIE ORIENTALE

Châteaux omeyyades Syrie-Jordanie
exploitations agricoles musulmanes


PALAIS OMEYYADE de QASTAL
fouilles du site jordanien



ARCHITECTURE

ARCHITECTURES MODERNES
genèses et développements


ARCHITECTURES MUSULMANES
histoires et développements


ENTRE DEHORS ET DEDANS

conception musulmane de l'espace


MUSEE DE L'ARCHITECTURE
projet de diplôme
Architecte DPLG 1982


HISTOIRE

La Libération de Paris en Août 1944
L'officier des transmissions
Ernst v.Bressensdorf
et les télégrammes d'Hitler



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CONFERENCES DE
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TOURISME CULTUREL

LA DROME ROMANE
Chabrillan : église St-Pierre XIe s. sur villae gallo-romaine
églises, chapelles et monastères


VILLAGES PERCHES
Montclar/Gervanne : village perché et église romane
fortifications médiévales


LA DROME des CHATEAUX
Pontaix : tour et château comtal commandant la vallée de la Drôme
châteaux-forts et forteresses


OPPIDUMS CELTES
Plan-de-Baix : l'oppidum du Vellan domine la vallée
Gaulois et Celtes en altitude