"LA CULTURE EN PARTAGE" avec
Frédéric MORIN architecte-conférencier

Archéologie, Histoires d'Architectures

La pré-histoire de l'architecture gothique en Normandie
L'audace constructive des descendants des Vikings

Voici le diaporama proposé par Frédéric Morin, architecte-conférencier, sur l'histoire de l'architecture chrétienne en Normandie, dessinant l'évolution des techniques de construction depuis l'Antiquité romaine jusqu'au XIIIe siècle :

conférence 2025 histoire de l'architecture chrétienne en Normandie et la naissance du gothique chez les Normands

Par le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911, le pouvoir carolingien avait cédé ses riches terres normandes aux envahisseurs vikings pour limiter leurs razzias.
Christianisés, les descendants des Vikings ont conquis l'Angleterre avec le duc Guillaume le Conquérant depuis sa Normandie, à une époque où toutes les fortifications étaient de bois. Ces Normands ont aussi forgé un art de bâtir à la mesure de leur audace en écrivant en Normandie les premières pages de l'architecture gothique et des voûtes d'arêtes sur croisées d'ogives, lancées grâce à leurs charpentiers (de marine).

Sur le modèle basilical transmis de l'Antiquité par les moines Bénédictins, seules les églises offraient des murs de pierre portant les charpentes apparentes des nefs comme à Jumièges (1040) : l'abside se distinguait d'une coupole en cul-de-four. Les charpentiers romans, issus en Normandie du milieu naval, ont su collaborer avec tailleurs de pierre et maçons pour couvrir de pierre les nefs des abbatiales de Lessay (v.1098), celles de Caen (fondées v.1060 mais voûtées de 1120 à 1130) et St-Martin de Boscherville (1140-1155) avant la cathédrale Notre-Dame de Rouen (1235).
Une belle ingéniosité qui a inspiré bien des constructeurs qui ont conduits leurs expériences dans de modestes édifices aujourd'hui décrits comme l'Ecole de Lessay dans la presqu'île du Cotentin...
Ces édifices remarquables décrivent une tradition d'innovation constructive antérieure au développement de l'art gothique français, au service de la Foi chrétienne.

Architecture chrétienne en Normandie :
évolution des techniques de construction et des espaces religieux
depuis l'Antiquité romaine jusqu'au XIIIe siècle,
et notamment le passage du Roman au Gothique :

Note importante : la plus grande partie des plans et dessins de ces différentes pages sont ceux de Philippe GAVET, documents qu'il a généreusement mis en ligne sur son site internet
« Si l'Art m'était conté » à l'adresse :
https://www.philippe-gavet.eu/philippe-gavet/
dont je recommande la consultation attentive.
La somme des connaissances recueillies par cet historien-architecte est colossale et les documents publiés infiniment précieux. Qu'il en soit ici remercié et honoré !


St-Philbert-de-Grand-Lieu
description et analyse de l'abbatiale de St-Philbert-de-Grand-Lieu (44) de 815 à 1100
de 815 à 1100
Jumièges : St-Pierre + N.-Dame
description et analyse des vestiges de l'abbatiale de Jumièges (76) St-Pierre et Notre-Dame de 654 à 1335
de 654 à 1335
Bernay - abb. Notre-Dame

de 1015 à 1082

Bayeux - cath. Notre-Dame
description et analyse des parties romanes de la cathédrale Notre-Dame de Bayeux (14) de 1030 à 1090
de 1030 à 1090
Caen - abbatiale Ste-Trinité
description et analyse de l'Abbaye aux Dames = Ste-Trinité de Caen de 1060 à 1125 + St-Nicolas de Caen de 1065 à 1083
de 1025 à 1125
Caen - abbatiale St-Etienne
description et analyse de l'Abbaye aux Hommes = abbatiale St-Etienne de Caen de 1066 à 1130
de 1066 à 1130

Cerisy - abbatiale St-Vigor
description et analyse de l'abbatiale St-Vigor de Cerisy-la-Forêt de 1068 à 1110
de 1068 à 1110
Lessay - abbaye Ste-Trinité
description et analyse de l'abbatiale Ste-Trinité de Lessay (50) de 1064 à 1110
de 1064 à 1110
Thaon - St-Pierre
description et analyse de l'église St-Pierre de Thaon (50) - XIe-XIIe siècles
XIe-XIIe siècles

Martinvast - Notre-Dame
description et analyse de l'église Notre-Dame de Martinvast (50) vers 1110
vers 1110
Boscherville - abb. St-Georges
description et analyse de l'abbatiale St-Georges de St-Martin-de-Boscherville (76) de 1115 à 1155
de 1115 à 1155
Octeville - St-Martin
description et analyse de l'église St-Martin d'Octeville (50) vers 1120
vers 1120

Tollevast - St-Martin
description et analyse de l'église St-Martin de Tollevast (50) vers 1120
vers 1120
Rouen - cath. Notre-Dame
description et analyse de la cathédrale Notre-Dame de Rouen (76) de 960 à 1275
de 960 à 1275
Saint-Denis - Basilique
description et analyse de la basilique St-Denis de l'abbé Suger à Saint-Denis (93) de 1140 à 1281
de 1140 à 1281



Commençons par décrire le résultat du passage de l'architecture romane à l'architecture gothique.
Ce passage résulte d'un changement de doctrine dans l'exercice de la foi chrétienne, initié par Suger (1081-1151) et abbé de Saint-Denis à compter de 1122, suivant lequel
"Dieu est lumière".
Il convient donc d'agrandir autant que possible les fenêtres hautes en faisant "disparaître" les murs, tout en gagnant de la hauteur pour élever l'âme vers les sommets. Le voûtement de ces hauts volumes va s'élever à partir d'une quinzaine de mêtres à 42m à Notre-Dame d'Amiens (1220-1288) et 48m à St-Pierre de Beauvais (1225-1272 pour le choeur).
Les problèmes constructifs sont donc de plus en plus délicats à dominer... les nouvelles formes vont y aider.
les forces dans une voûte romane en rouge à gauche, dans une voûte gothique en vert à droite
  dans une construction gothique, un tas de charge et le poids de la charpente stabilisent l'édifice

Ce que l'on appelle architecture "gothique" (depuis le XIXe siècle) se développe tout particulièrement dans l'Ile de France, d'où son nom savant et médiéval d' "Opus Francigenum" qui se traduit par "Oeuvre Francilienne".
L'Architecture gothique apparaît donc en France à partir de la construction par l'abbé Suger des deux tours occidentales de la façade de la basilique St-Denis au Nord de Paris, tours implantées à l'Ouest de la basilique carolingienne antérieure (et non pas initiale) conservée durant les travaux. Ces deux tours, formant narthex, sont dédicacées, ou inaugurées, en 1140.
voûtes d'arêtes sur croisées d'ogives au narthex de la basilique Saint-Denis dédicacé par l'abbé Suger en 1140
L'abbé Suger poursuit les travaux avec un choeur lui aussi gothique édifié à l'Est de l'église carolingienne, choeur consacré en 1144. Ensuite, les vastes transept et nef sont édifiés entre les deux constructions de l'abbé Suger en remplacement de l'église carolingienne. L'ensemble est consacré en 1281, plus d'un siècle après la mort de Suger en 1151.
plan de la Basilique de Saint-Denis initiée par l'abbé Suger, de 1140 à 1281

Les origines :
Basilique civile de Septime Sévère à Leptis-Magna (Libye) de 193 à 211
Conçues sur le modèle de ces basiliques de l'Antiquité romaine, les nefs des églises paléochrétiennes puis carolingiennes sont le plus souvent charpentées. Les couvertures de maçonnerie se limitent au choeur des églises, aménagé d'une demi-coupole en cul-de-four, une structure très solide car à double-courbure (= tant en plan qu'en section).
Ravenne - Basilique St-Apollinaire-in-Classe fondée en 533 par Ursicinus + Maximien en 549 - photo Berthold Werner
Angers (49) église St-Martin fondée par le comte d'Anjou Foulques Nerra (av.970-987-1040) : nef charpentée (restaurée)
Mont-Saint-Michel (50) nef de l'abbatiale par Ranulphe de 1060 à 1090 en forme de coque de bateau renversée

Lorsqu'elles sont voûtées et non plus charpentées, les nefs romanes présentent des berceaux longitudinaux localement renforcés d'arcs doubleaux qui retombent sur les piles des grandes arcades. Une fois qu'on a lancé les arcs doubleaux sur leurs coffrages qui traversent la nef d'un côté à l'autre, on peut s'appuyer dessus pour coffrer simplement le berceau de la voûte, avec des planches localement soutenues. Le poids et les poussées sont uniformément réparties sur la longueur des murs de part et d'autre de la nef.
Ces structures à simple courbure sont fragiles, ou plus exactement leur souplesse naturelle n'est pas efficacement combattue par la forme à simple courbure, comme on peut le constater ci-dessous au voûtement de la nef de la basilique St-Jacques de Compostelle.
Saint-Jacques de Compostelle, évolution de 893 à 1188 - élévation de la nef romane de 1128 à 1140
La même difficulté s'observe à la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay. Les arcs doubleaux de la nef y sont particulièrement applatis surtout dans la partie occidentale la première construite. Le choix de voûtes d'arêtes n'a pas suffi à régler le déversement du mur, mal épaulé par des contreforts tardivement installés :
Vezelay (89) Basilique Ste-Marie-Madeleine nef construite de 1120 à 1135

Un autre chemin a été exploré par les moines bénédictins de St-Philibert, arrivés à Tournus depuis la Loire atlantique et la Normandie d'où ils avaient été chassés par les Vikings. Les bas-côtés sont d'abord voûtés d'arêtes par l'abbé Bernier de 1008 à 1019, petites voûtes d'arêtes lancées entre les murs périphériques et les grosses piles maçonnées avec leurs grandes arcades. Puis de 1030 à 1050, l'abbé Ardain lance les arcs doubleaux en travers de la nef, arcs-doubleaux reposant par des colonnettes engagées sur les piles maçonnées de l'abbé Bernier. Ni ces colonnettes ni ces arcs n'altèrent le mur de la nef jusqu'alors charpentée, mur conservé avec ses fenêres hautes. Sans doute sous cette charpente et donc à l'abri des intempéries, avant 1050, l'abbé Ardain installe sur ces arcs des voûtes transversales, conservant les grandes fenêtres hautes dans le mur de son prédécesseur qui n'a plus de fonction porteuse.
Malgré l'intelligence constructive de cette solution --les voûtes de la nef n'exercent aucune pousée qui pourrait déstabiliser le bâtiment-- ces voûtes et arcs transversaux n'ont pas eu de descendance, sans doute par manque d'harmonie avec le besoin d'unicité de la nef conduisant le regard au choeur.
abbatiale St-Philibert de Tournus, les grandes arcades des bas-côtés de la nef avec leurs voûtes d'arêtes par l'abbé Bernier de 1008 à 1019, 
  puis les arcs doubleaux transversaux de la nef et leurs voûtes transversales par l'abbé Ardain de 1030 à 1050, dégageant les fenêtres hautes
Pour notre analyse complète de l'abbatiale St-Philibert de Tournus, cliquez ici !

La voûte d'arêtes offre une forme beaucoup plus rigide, résultant du croisement d'un berceau longitudinal principal avec un berceau transversal secondaire. C'est certainement cette performance supérieure qui explique le fait que la nef de Vezelay ne se soit pas encore effondée, ce que craignait déjà Mérimée avant de procéder au classement MH en 1840. En effet, les voûtes d'arêtes de cette nef touchent les arcs, mais ne s'appuient plus vraiment dessus depuis longtemps du fait de la pente des voûtes transversales.
Vezelay (89) Basilique Ste-Marie-Madeleine nef construite de 1120 à 1135 d'Ouest en Est, et dont les voûtes d'arêtes 
  ne s'appuient plus beaucoup sur les arcs-doubleaux : elles sont en effet beaucoup plus hautes au centre que contre le mur
Cette forme conserve sans la briser la perspective du vaisseau de la nef qui conduit le regard (et l'attention du Chrétien) au choeur de l'édifice, tout en organisant le rythme de la couverture pour accueillir les grandes fenêtres latérales qui baignent l'édifice de la lumière divine. Ces grandes fenêtre peuvent ainsi être aussi hautes que la nef elle-même, ce qui est rigoureusement impossible avec une simple voûte en berceau longitudinal.
Voici donc la synthèse de l'architecture gothique :
les nervures appelées ogives servent de coffrage perdu aux voûtes d'arêtes gothiques qui sont donc dites sur croisées d'ogives, dégageant les fenêtres hautes
Les nervures appelées "ogives" servent de coffrage perdu aux voûtes d'arêtes gothiques qui sont donc dites "sur croisées d'ogives". Les poids et poussées sont concentrés sur les piles, ce qui dégage les fenêtres hautes. Les arcs-boutant reportent les composantes horizontales de ces poussées vers les contreforts éloignés des murs de la nef. Les pinacles chargent d'une composante verticale de poids ces contreforts, ce qui conserve le trajet des forces résultantes à l'intérieur de la maçonnerie : elle ne bascule donc pas tant que ses fondations sont solides.
Les pinacles chargent d'une composante verticale de poids ces contreforts, ce qui conserve le trajet des forces résultantes à l'intérieur de la maçonnerie
Le but ultime de l'"Opus Francigenum" est atteint avec la Sainte-Chapelle ordonnée par Louis IX le Saint (1214-1226-1270) dont la construction s'étend de 1241 à 1248. Les murs ont totalement disparu, remplacés par des verrières richement colorées, et l'ensemble se comprend comme une châsse mettant en valeur les reliques de la Sainte Couronne acquise pour 135.000 livres tournois en 1239 plus d'importants fragments de la Vraie Croix, le Saint Sang, le fer de la Sainte Lance, la Sainte Eponge, la Pierre du Saint-Sépulcre le Saint Mandylion, acquis en 1241 pour 135.000 autres livres tournois (remplaçant progressivement la livre parisis), soit un total comparable à plus d'une année des ressources de la Couronne de France :
Sainte-Chapelle à Paris par Louis IX le Saint (1214-1226-1270) de 1242 à 1248 : les murs sont en vitrail
La construction aurait coûté 40.000 livres tournois.

Par ailleurs, le domaine des rois de France Louis VI le Gros (1081-1108-1137) et Louis VII le Jeune (1120-1137-1180) est loin d'avoir, en 1180, le développement qu'il a eu plus tard, grâce aux conquêtes de Philippe Auguste (1165-1180-1123) à partir de 1180 (incluant la Croisade des Albigeois de 1209 à 1229) puis les habiles acquisitions foncières de Louis XI (1423-1461-1483) à partir de 1461 :
cartes de la France après la répudiation d'Aliénor d'Aquitaine par Louis VII le Jeune en 1152, puis en 1180 au début du règne de Philippe Auguste

Il faut donc attendre la mort en 1199 du fils d'Aliénor d'Aquitaine le roi Richard Coeur-de-Lion (1157-1189-1199), laquelle mort permet la conquête de la Normandie par Philippe Auguste à l'aube du XIIIe siècle, pour que la Normandie devienne française.
On peut donc affirmer que l'"Opus Francigenum" naît en France en 1140 tout en soutenant qu'en Normandie les voûtes d'arêtes sur croisées d'ogives apparaissent dès 1098. Elles y sont les oeuvres des descendants des Vikings, habiles charpentiers de marine, et méritent l'appellation d'architecture gothique : les Goths comme les Vikings viennent de la même péninsule danoise.

Nous allons donc voir comment ils sont venus.


Venus de Scandinavie et du Danemark, les Vikings sont établis en permanence à Walcheren, à l'embouchure de la Meuse et du Rhin. Avec un tirant d'eau de l'ordre de 1 mètre seulement, avec une poupe très semblable à leur proue leur permettant de repartir en marche arrière et avec une trentaine de rameurs athlétiques, leurs drakkars sont diablement efficaces pour remonter les cours d'eau même peu profonds. Ils font le tour des îles britaniques et s'établissent en York, en Ecosse et en Irlande avant 800. Ils sont devant Paris en 845 avec 120 bateaux, mais parcourent aussi la plupart des affluents de nos fleuves à proximité desquels les bourgs, plus riches, se sont établis. Après avoir contourné la péninsule ibérique et traversé la Méditerranée, ils sont sur la Mer Noire en 840 et remontent le Dnieper jusqu'à Kiev en 882. Vers l'Ouest, ils s'établissent en Islande puis au Groenland en 982 (qu'ils défrichent inconsidérément), avant d'atteindre l'Amérique à Terre-Neuve vers l'an Mille.
Leur principale activité est celle du pillage.
carte des explorations et établissements des Vikings de 730 à 1000

Les cartes qui suivent sont celles de Philippe Gavet :
carte des incursions des Vikings de 840 à 860, qui remontent la Seine jusqu'à Paris en 845

carte des incursions des Vikings de 860 à 880, qui sont établis en aval de Rouen et remontent la Seine jusqu'à Sens en 866

carte des établissements Vikings de 880 à 890

Voici leurs drakkars, dont un exemplaire retrouvé en 1880 dans une tombe à Gokstad (Norvège) est daté de 890. Les drakkars sont des embarquations pontées en chêne au bordage à clins (= recouvrement partiel des planches de la coque), longues d'une trentaine de mètres pour 5 mètres de large et 1 mètre de tirant d'eau, animées par une trentaine de rameurs et une voile carrée de 120m² environ, voile qui leur permettent de remonter le vent au près. Un aviron-gouvernail est fixé à tribord arrière (= droite). Surmonté d'une girouette, le mat s'abat facilement, et la symétrie des poupes et proues relevées de têtes de dragons leur permet de se dégager aisément d'un échouage sur une berge, volontaire en cas d'attaque.
le drakkar viking découvert à Gokstad près d'Oslo en 1880, daté d'avant 880, 23,50 x 5,20m tirant d'eau 1m, voilure carrée 120m², 32 rameurs
plans du drakkar viking découvert à Gokstad près d'Oslo en 1880, daté d'avant 880, 23,50 x 5,20m tirant d'eau 1m, voilure carrée 120m², 32 rameurs
fouilles du drakkar viking découvert à Gokstad près d'Oslo en 1880, daté d'avant 890

En 1893, les Norvégiens ont construit une réplique de ce drakkar, la Viking, avec laquelle ils ont appareillé de Bergen en Norvège pour rejoindre Chicago dans l'Illinois pour participer à l'Exposition Universelle de 1893 :
La Viking, réplique du drakkar découvert à Gokstad, arrive à la voile de Bergen (N) à Chicago (USA-Ill) pour l'exposition universelle de 1893
En 1990, les Norvégiens ont construit une nouvelle réplique de ce même drakkar de Gokstad, la Gaia, avec laquelle ils ont rejoint Washington-DC en 1991, puis sont repartis de Norvège pour rejoindre par cabotage Rio de Janeiro pour le Sommet de la Terre de 1992, après un périple de près de 28.000 km...
La Gaia, réplique du drakkar découvert à Gokstad, en route pour le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992
En 2000, une flotille de drakkars reconstitués est partie d'Islande pour atteindre de nouveau l'Anse aux Meadows à Terre-Neuve au Canada, pour célébrer le millénaire de l'arrivée de Leif Erikson (970-1020) au Vinland :
une flotille de répliques de drakkars arrive à l'Anse aux Meadows au Canada en 2000, pour célébrer le millénaire de la découverte du Vinland par Leif Erikson

Voilà les détails de la construction à clins rivetés entre eux, et des couples de la nef qui préfigurent les cintres nécessaires au coffrage des arches et des voûtes des églises, et même la conception des arcs-doubleaux qui travaillent de la même manière que les couples de la carène d'une embarquation :
construction à clins rivetés d'une réplique des drakkars vikings au Musée de Roskilde

cartographie de l'expansion des Vikings du VIIIe au XIe siècles
carte des incursions et possessions des Vikings aux IXe et Xe siècles
Par le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911, le pouvoir carolingien cède ses riches terres normandes aux envahisseurs vikings pour limiter leurs razzias. Leur chef Rollon (= Rolf le Marcheur v. 846-933) se fait baptiser en 912 sous le nom de Robert, adoptant ainsi le nom de son parrain Robert 1er, l'un des grand-père de Hugues Capet (940-987-996). Il est reconnu comme le premier duc de Normandie, qu'on appelle "jarl". Son fils et successeur Guillaume Longue-Epée (v.900-942) restaure l'abbaye de Jumièges après qu'elle eût été dévastée par les Vikings.
Cette remuante famille des Rollonides saura exploiter sa puissance en concluant de nombreuses alliances matrimoniales. Ainsi, Adélaïde d'Aquitaine, l'une des petites-filles de Rollon, épousera Hugues Capet (940-996) en 968. Un siècle plus tard, en 1066, Guillaume le Conquérant (1027-1066-1087), arrière-arrière-petit-fils de Rollon, deviendra roi d'Angleterre après avoir victorieusement envahi la Grande Bretagne depuis sa Normandie.
Les descendants des Vikings ont marqué l'Angleterre de nouvelles constructions de pierre, parfois importée depuis leur Normandie, à une époque où toutes les fortifications étaient de bois comme en témoigne la tapisserie de Bayeux, réalisée pour l'évêque de Bayeux Odon de Conteville (v.1030-1097 à Palerme), demi-frère de Guillaume le Conquérant.
carte de la Normandie cédée aux Vikings en 911 = naissance du duché de Normandie par Rollon = Robert, l'arrière-arrière-grand-père de Guillaume le Conquérant

le danois Rolf le Marcheur = Rollon = Robert (846-932), premier duc de Normandie = arrière-arrière-grand-père de Guillaume le Conquérant

On retrouvera les descendants de ces forts personnages normands dans les dynasties européennes :
généalogies croisées des rois d'Angleterre (les Plantagenêts) et de France et des comtes de Toulouse de 1027 (naissance de Guillaume de Normandie) à 1377 (mort de Edouard III d'Angleterre)



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complété et mis à jour le 5 juillet 2025
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L'ARCHITECTURE GOTHIQUE
EN NORMANDIE
histoire de l'architecture chrétienne en Normandie et la naissance du gothique chez les Normands - conférence de Frédéric Morin
L'audace constructive des descendants des Vikings

St-Philbert-de-Grand-Lieu
description et analyse de l'abbatiale de St-Philbert-de-Grand-Lieu (44) de 815 à 1100
de 815 à 1100

Jumièges : St-Pierre + N.-Dame
description et analyse des vestiges de l'abbatiale de Jumièges (76) St-Pierre et Notre-Dame de 654 à 1335
de 654 à 1335

Bernay - abb. Notre-Dame

de 1015 à 1082

Bayeux - cath. Notre-Dame
description et analyse des parties romanes de la cathédrale Notre-Dame de Bayeux (14) de 1030 à 1090
de 1030 à 1090

Caen - abbatiale Ste-Trinité
description et analyse de l'Abbaye aux Dames = Ste-Trinité de Caen de 1060 à 1125 + St-Nicolas de Caen de 1065 à 1083
de 1025 à 1125

Caen - abbatiale St-Etienne
description et analyse de l'Abbaye aux Hommes = abbatiale St-Etienne de Caen de 1066 à 1130
de 1066 à 1130

Cerisy - abbatiale St-Vigor
description et analyse de l'abbatiale St-Vigor de Cerisy-la-Forêt de 1068 à 1110
de 1068 à 1110

Lessay - abbaye Ste-Trinité
description et analyse de l'abbatiale Ste-Trinité de Lessay (50) de 1064 à 1110
de 1064 à 1110

Thaon - St-Pierre
description et analyse de l'église St-Pierre de Thaon (50) - XIe-XIIe siècles
XIe-XIIe siècles

Martinvast - Notre-Dame
description et analyse de l'église Notre-Dame de Martinvast (50) vers 1110
vers 1110

Boscherville - abb. St-Georges
description et analyse de l'abbatiale St-Georges de St-Martin-de-Boscherville (76) de 1115 à 1155
de 1115 à 1155

Octeville - St-Martin
description et analyse de l'église St-Martin d'Octeville (50) vers 1120
vers 1120

Tollevast - St-Martin
description et analyse de l'église St-Martin de Tollevast (50) vers 1120
vers 1120

Rouen - cath. Notre-Dame
description et analyse de la cathédrale Notre-Dame de Rouen (76) de 960 à 1275
de 960 à 1275

Saint-Denis - Basilique
description et analyse de la basilique St-Denis de l'abbé Suger à Saint-Denis (93) de 1140 à 1281
de 1140 à 1281

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ARCHITECTURE CHRETIENNE
histoire de l'architecture chrétienne le long du pelerinage de Saint-Jacques de Compostelle - conférence de Frédéric Morin
sur les chemins de St-Jacques


St-Jacques de Compostelle
description et analyse de la cathedrale Saint-Jacques de Compostelle de 893 à 1188
de 893 à 1188

les modèles paléochrétiens
description et analyse de l'architecture paléochrétienne de 300 à 800
de 300 à 800

les édifices carolingiens
description et analyse de l'architecture carolingienne de 800 à l'An Mille
de 800 à l'An Mille

le premier Roman
description et analyse du Premier Art roman de l'An Mille à 1050
de l'An Mille à 1050

le Roman classique
description et analyse de l'architecture romane du XIe siecle
de 1050 à 1100

le Roman classique
description et analyse de l'architecture romane du XIIe siecle
de 1100 à 1150

le premier Gothique
description et analyse du premier art gothique du XIIe siècle
de 1150 à 1200

le Gothique classique
description et analyse de l'architecture gothique du XIIIe siecle
de 1200 à 1300

le Gothique flamboyant
description et analyse de l'architecture gothique des XIVe et XVe siecles
après 1300

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ENTRE DEHORS ET DEDANS
LA CONCEPTION MUSULMANE DE L'ARCHITECTURE
  La notion musulmane de l’espace privilégie un espace intermédiaire
  entre les espaces intérieurs et extérieurs : « ENTRE DEDANS ET DEHORS ».
  L’aboutissement de l’art des architectes musulmans ne serait pas la conception des volumes, 
  mais résiderait plutôt dans la manière de ne pas fermer l’espace - conférence de Frédéric Morin
conception musulmane de l'espace

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VISITE DE SAILLANS
crest drome filature soie
histoire du vieux village


LA TOUR DE CREST
tour de crest drome
le plus haut donjon de France


GROTTE CHAUVET
ardeche grotte chauvet caverne pont arc
Gorges de l'Ardèche



Belles Lettres drômoises
au château de GRIGNAN




METIERS D'ART
POTERIE à DIEULEFIT

Histoire des POTIERS à DIEULEFIT
Potiers romains à Etienne NOEL


POTERIE TRADITIONNELLE
Enquête patrimoine potier à Dieulefit





ARCHEOLOGIE ORIENTALE

Châteaux omeyyades Syrie-Jordanie
exploitations agricoles musulmanes


PALAIS OMEYYADE de QASTAL
fouilles du site jordanien



ARCHITECTURE

ARCHITECTURES MODERNES
genèses et développements


ARCHITECTURES MUSULMANES
histoires et développements


ENTRE DEHORS ET DEDANS

conception musulmane de l'espace


MUSEE DE L'ARCHITECTURE
projet de diplôme
Architecte DPLG 1982


HISTOIRE

La Libération de Paris en Août 1944
L'officier des transmissions
Ernst v.Bressensdorf
et les télégrammes d'Hitler



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CONFERENCES DE
FREDERIC MORIN
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TOURISME CULTUREL

LA DROME ROMANE
Chabrillan : église St-Pierre XIe s. sur villae gallo-romaine
églises, chapelles et monastères


VILLAGES PERCHES
Montclar/Gervanne : village perché et église romane
fortifications médiévales


LA DROME des CHATEAUX
Pontaix : tour et château comtal commandant la vallée de la Drôme
châteaux-forts et forteresses


OPPIDUMS CELTES
Plan-de-Baix : l'oppidum du Vellan domine la vallée
Gaulois et Celtes en altitude